2/02/2020

Écolo? Les 4RVE

Et puis, vos résolutions?

Je pose la question, car, il y a un peu plus d'un mois, je suis pas mal sûr que, juste après Infoman et le Bye Bye, beaucoup de gens ont affirmé, avec plus ou moins de conviction, quelque chose comme : "Bon, ça y est! Cette année, je veux être plus écolo!"

Peut-être même que des gens ont offert des cadeaux plus écoresponsables (un terme que je juge personnellement beaucoup trop galvaudé, mais ça, c'est une autre histoire).

Alors, vous vouliez être plus écolo. Parfait, bravo. Mais comme on sait, des fois, quand il est question de résolutions de début d'année, eh bien, avouons-le, ça arrive que ça chie un peu 4-5 semaines après.

Et au fond, qu'est-ce que ça veut dire, être écolo? Il y a tellement d'interprétations possibles, tellement d'actions possibles. Je pense qu'il est important de rappeler la bonne base. Je vais proposer ici des idées que je juge vraiment intéressantes, plutôt simples et qui sont directement en lien avec les 4RVE.

Les quoi?

Les 4RVE, c'est pour : refuser, réduire, réutiliser, recycler, valoriser, éliminer.

(Attention : ce qui suit va peut-être sembler pour certaines gens assez radical, mais je pense qu'il est nécessaire de l'aborder. J'ai fait vraiment mon possible, dans ce billet, pour ne pas avoir l'air de vouloir faire la morale à personne. Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d'accord et j'invite même les gens à faire des critiques de ce qui va suivre (des critiques constructives, pas d'insultes gratuites, là!).

On sait bien ce qui est arrivé quand Dominic Champagne a lancé son Pacte pour la transition (que vous avez peut-être signé), à l'automne 2018... et j'aimerais que ça ne se reproduise pas avec ce texte. D'ailleurs, le Pacte a fonctionné, mais pas tant que ça, considérant que son objectif était d'un million de signataires. À lire : une analyse assez juste du phénomène réalisée par l'agence Bang Marketing et publiée en décembre 2018.

Ici, je m'en tiens beaucoup à des constats, alors ça ne devrait pas susciter tant de réactions négatives, mais on sait jamais, tsé... Fin de la parenthèse)


Bon, maintenant, revenons aux 4RVE. L'ordre est important. Et allons-y, justement, dans l'ordre.

  • Refuser
"En as-tu vraiment besoin?", titrait le charmant comptable et auteur à succès Pierre-Yves McSween. Faut se poser la question, idéalement tout le temps.

On enveloppe d'une petite pellicule plastique votre savon à l'épicerie, au cas où la bouteille coule (oui, fait vécu dans mon cas. Je suis sûrement pas le seul)? Refusez. Non, pas besoin de ça. Oui, mais le savon pourrait couler? Pourrait, en effet. Mais pensons-y un instant : c'est quoi, objectivement, concrètement, voire scientifiquement, les probabilités que ça arrive. Elles sont presque nulles.

On vous encourage à acheter 2 produits à l'épicerie pour un meilleur prix? D'ailleurs, bien souvent, un seul produit est 2 fois moins cher que ce qui est annoncé (donc aucune différence), alors c'est juste une tactique marketing quasi mensongère. Et en avez-vous vraiment besoin de 2?

Pendant un spectacle, on vous offre un verre en plastique pour y verser votre bière? Vous pouvez toujours demander de la boire à la bouteille. Là-dessus, je dois faire un certain mea culpa et j'aimerais développer davantage ce réflexe.

Par contre, un agenda papier, moi, je dis "oui", j'en ai besoin d'un pour organiser mes semaines. Je l'ai acheté à Limoilou et il est fait à Québec. Je l'aime beaucoup. Il me permet d'avoir une vue d'ensemble sur ce qui s'en vient dans ma semaine, sans avoir tout le temps un écran de téléphone dans la face.

Mais peut-être qu'un sac promo ou une bouteille d'eau pendant un événement quand on en a déjà chez soi, on peut s'en passer. D'ailleurs, les objets promo constituent une énorme source de déchets.

  • Réduire
Au Québec, on produit des tonnes et des tonnes de déchets par année. Même pas la peine de regarder les chiffres, c'est clair que c'est beaucoup trop.

J'en ai trié pendant quelques semaines, dans une autre vie disons, et laissez-moi vous dire que ce n'est pas beau à voir. Une visite dans un dépotoir ou un site d'enfouissement s'impose à quiconque affirme qu'on génère relativement peu de déchets au Québec. C'est complètement faux. Aliments, vêtements, objets de décoration, meubles, emballages variés, appareils de toutes sortes qui ne sont plus fonctionnels (mais qui vont normalement à l'éco-centre, tsé), etc.

Comment réduire? Même question : en as-tu vraiment besoin? Si oui, ben correct, mais il faut assumer ses choix de consommation.

Dans son balado 3,7 planètes, l'humoriste François Bellefeuille veut en faire plus pour l'environnement. Dans les médias, pour parler du balado, il a quand même beaucoup été question du bidet qu'il s'est procuré, question de réduire son utilisation de papier de toilette. C'est vrai que c'est un passage assez comique, car on entend l'humoriste essayer son bidet pour la première fois et constater que ça pince les fesses en titi.

Mais il y a un autre épisode (le huitième) bien intéressant, dans ce balado, et ça parle du spray net. Bellefeuille veut absolument en avoir parce qu'il en met dans ses cheveux avant ses shows pour pas en avoir dans la face. Dans l'épisode, il est aux Îles-de-la-Madeleine et il n'arrive pas à en trouver. Alors il fait quoi? Il n'en utilise pas. Et puis quoi? Bien honnêtement, il se rend compte que c'est finalement pas tant la fin du monde... tiens, tiens.

Réduire. Réduire ses déchets, réduire sa consommation (moins d'objets ou de produits consommés, c'est moins de ressources utilisées), réduire son empreinte environnementale (compenser ses voyages si on en fait beaucoup)...

  • Réutiliser
On pourrait aussi inclure le terme réparer à ce volet. Pour celui-ci, une autre question à se poser : est-ce la fin de vie utile de cet objet? Pour bien des affaires, ce n'est pas réutilisable. Mais pour beaucoup d'autres, ça peut servir à autre chose. Il existe sur Internet une foule de trucs. Ça vaut la peine de fouiller.

Même en alimentation, on peut aussi réutiliser. De ce côté, j'avoue, je pourrais faire des efforts.

La semaine passée, il y avait un Café Réparation, à Québec. Donc mon cas, 2 pièces de vêtements et un drap contour réparés. Tout ça gratis et entouré de plein de beau monde!

Il y a aussi les pages As-tu ça toi? qui peuvent être très intéressantes. J'ai donné plusieurs choses qui m'embarrassaient et dont je ne me servais plus et au moins, je suis certain que quelqu'un les a reprises pour leur donner une deuxième vie.

Je suis bien conscient que c'est pas mal moins évident pour les gens en région de participer à ce genre de trucs. Mais peut-être qu'il y a sûrement moyen de s'arranger. Vous pourriez être des pionniers dans votre région.


  • Recycler
"Moi, je fais ma part, je mets tout ce qu'il faut dans mon bac bleu."

Je n'ai rien contre ce discours. Mais avouons qu'il est bien mince. Avant Noël, beaucoup de gens ont vu et partagé l'excellente vidéo du groupe Alaclair Ensemble, une campagne efficace de la Ville de Laval. Métal, verre, plastique, carton, papier, that's it!

Cette vidéo est excellente, car elle a permis de faire prendre conscience aux gens que certaines choses ne doivent pas être mises dans le bac bleu. Des couches souillées (!), des télés, c'est non. Et ce ne sont pas tous les cartons et tous les plastiques qui vont dans le bac non plus.

On le sait, c'est un peu le chaos dans certains centres de tri. Et l'annonce faite cette semaine par le gouvernement Legault sur l'élargissement de la consigne est très intéressante. Et à surveiller!

Pour les personnes intéressées, deux éditos de Robert Dutrisac du Devoir (ne pas se fier à sa face de bougon ;)). Le premier sur les centres de tri et le recyclage, puis l'autre sur la consigne, Recyc-Québec et ses pouvoirs limités et Éco Entreprises Québec, un lobby pas mal fort qui est contre la consigne. Et un autre texte intéressant du Huff Post Québec, qui permet de comprendre d'autres enjeux. Bref, on comprend que tout ça c'est complexe.

Par ailleurs, je me permets de signaler que ce R de recycler vient après les 3 autres (refuser, réduire et réutiliser). Donc oui, recycler, c'est bien. Mais il y a d'autres options avant. Et, individuellement, on a assez peu de pouvoir sur ce R de recycler. Alors que pour les 3 autres d'avant, oui, on en a.

Le Pacte, c'est pas mal ça, au fond. On fait notre part, dans nos maisons, chez soi et avec notre bac, mais les gouvernements aussi doivent agir, avec beaucoup de moyens. On est dû pour une réforme en profondeur de tout le système de récupération (collecte sélective), qui a connu bien des ratés ces dernières années.

Bon à savoir : en théorie, le verre est recyclable à l'infini. Je dis ça de même...

  • Valoriser
Ici, on parle de compost. J'ai moins de chose à dire. Sauf peut-être qu'il est particulièrement intéressant de savoir que quand les gens ont l'option du compost, ils ont tendance à plus gaspiller de bouffe. Pas grave, ça va dans le bac brun. Euh, oui, ok, mais on pourrait faire mieux (les 2 premiers R, tsé).

  • Éliminer
L'élimination, c'est l'enfouissement ou l'incinérateur. L'idée est évidemment d'avoir le moins possible de choses qui vont là. Les sites d'enfouissement débordent. Les incinérateurs rejettent des particules pas cool dans l'air. Pas plus compliqué que ça.

Alors voilà pour les 4RVE.

S'empêcher de vivre?

Oui, mais, Étienne, on va quand même pas s'empêcher de vivre? Bien d'accord. En fait, presque. Je pense qu'on peut juste penser à vivre différemment, un peu, pas mal, déjà. Je pense qu'on est rendus là.

Suffit de se poser des questions. En ai-je vraiment besoin? Un VUS ou une auto suffit? Ou juste pas d'auto? Compenser ses voyages en avion? Tout ça, ça se fait. Ça demande des efforts, certes, mais c'est possible.

Moi-même, j'ai un char. J'en ai pas trop honte. Et je veux le garder, pour le moment, car j'en ai besoin et que l'offre de transport en commun où j'habite ne me convient pas.

Qu'est-ce qu'on fait?

Alors, qu'est-ce qu'on fait? J'ai le goût de déclarer, haut et fort : place à l'action! Sans vouloir accuser des gens, j'espère sincèrement que certaines personnes vont repenser un peu leur mode de vie. Faudra-t-il en arriver à taxer les déchets au poids? Une telle mesure ferait rager bien des gens, mais ça éveillerait peut-être les consciences.

La protection de l'environnement et la lutte aux changements climatiques, ça peut devenir bien abstrait, car on ne voit pas les impacts sur nos vies, concrètement. Mais une facture salée quand les bacs de poubelle et de récupération sont pleins, ça, ça parle plus aux citoyens.

Car oui, on peut (on doit?) faire mieux. Des données, des études et des rapports nous indiquent qu'il ne reste plus grand temps avant que les conséquences, au niveau mondial, soient désastreuses... Hausse du niveau des eaux, réfugiés climatiques, phénomènes météo extrêmes plus fréquents, on le sait, les nouvelles ne sont pas très bonnes.

Et la meilleure réponse à cette éco-anxiété qui pourrait se développer, surtout chez les jeunes, c'est l'action. Disons-nous que chaque geste compte. Dans la maison, dans les magasins, dans sa cour arrière, dans la rue.

Alors, on agit?

1/20/2020

Le plongeon

Resalut!

Dans mon bilan de mes dernières années (qui a suscité quelques réactions, même une outre-mer!), je constate que je n'ai pas du tout parlé de ma tentative en humour. Pourtant, si j'ai pris un certain risque ces dernières années, c'est bien cette courte mais agréable aventure vers la gloire et le succès (c'est une blague... poche).

Début 2012, je n'avais rien devant moi. Alors j'ai osé. J'ai présenté mon dossier à l'École nationale de l'humour. Ça n'a pas été un succès. Mais bien des gens ont salué mon courage avec ce saut dans le vide.

Début 2020, un peu moins de huit ans plus tard, j'ai tout devant moi.

Alors j'ose... Je plonge... Je me lance en affaires!

Oui, oui! Moi, Étienne Ferron-Forget, petit être gêné à ses premières années de vie, incertain et pas mal low profile quand il était ado, peu confiant alors qu'il sortait de l'université, se sent d'attaque, en feu et prêt à foncer!

"Que tes rêves se réalisent. Il s'agit d'y croire", m'a écrit ma maman dans ma carte de Noël cette année. Elle ne pensait peut-être pas à cette décision de me lancer en affaires... Mais moi, ça, oui j'y crois plus que tout!

"Vis ta vie pleinement", a-t-elle aussi ajouté.

Alors voilà. Je me lance. Je plonge.

Je constate depuis un certain temps que cette décision ne me fait pas peur. J'ai l'impression de flotter, d'avoir des ailes.

Je ne dors vraiment pas beaucoup ces temps-ci (3-4 heures par nuit). Et curieusement, au cours des dernières années, je n'ai jamais eu autant d'énergie et de motivation à réaliser des choses au quotidien qu'aujourd'hui.

Je suis juste trop excité et enthousiaste à l'idée de développer ce projet qui m'habite, m'interpelle et me passionne.

C'est fou! Il y a un an à peine, mon père, un homme si doux et sensible envers les autres, engagé à sa manière, venait de rendre son dernier souffle. Je me sentais alors abattu, déprimé, voire apathique. J'avais le goût de rien. Faire mon ménage et mon épicerie constituaient de gros défis de ma semaine.

Aujourd'hui, maintenant, 20 janvier 2020, il y a une vigueur insoupçonnée en moi. Tout un revirement! Jamais je n'aurais cru ça possible!

Je le confirme et je l'affirme haut et fort ici : je m'engage à mettre tous mes efforts, mes énergies et mon dévouement à la concrétisation de ce projet de valoristes qui me porte, m'emballe et me stimule tant.

Je suis donc désormais un entrepreneur social. Je veux être un acteur de changement social et environnemental, voire économique (les trois piliers du développement durable, quoi). Pour quoi? Je vais travailler essentiellement à la mise en place d'un point de dépôt de contenants consignés pour les valoristes, ces gens qui ramassent les contenants consignés et recyclables des poubelles, bacs de récupération et des espaces publics.

Ce sera local, écolo, social... et génial! Ça va rassembler plein de monde et contribuer à améliorer le sort de personnes marginalisées, entre autres choses. Je n'en dis pas plus pour le moment, car un paquet d'éléments restent à préciser.

On va avoir du pain sur la planche, ça oui. Il y aura des embûches, des noeuds, des épreuves. Mais, je l'espère aussi, des joies, des réussites et des accomplissements merveilleux!

Tout ça va me mener où? Je ne sais pas trop précisément (sûrement vers une super job un moment donné, tsé).

Tout ça m'allume au plus haut point et ça me rend très heureux. Et c'est vraiment ce qui compte pour moi.

À suivre, donc!

1/06/2020

Le temps d'un gros bilan

Ça fait des semaines que je me dis qu'il faut que je me remette à l'écriture...

Alors allons-y.

Bonjour 2020!

Ce n'est pas la fin d'une décennie (elle a lieu fin 2020 en fait), mais c'est certainement un bon moment pour faire un bilan des dernières années. Le chiffre rond donne le goût de s'arrêter un instant et de constater ce qui a été fait et ce qui s'en vient pour nous.

Je l'ai déjà fait à quelques reprises avant, il y a quelques années. Prendre une pause pour noter nos bons coups, nos moins bons, ce qu'on a aimé et ce qui nous a fait un peu chier.

L'exercice permet de replacer certaines choses et de se recentrer, de laisser décanter ce qui a été secoué, de réaliser ce qui se trouve derrière et d'entrevoir ce qui s'amène.

Bon, alors quoi dire des dix dernières années... Il y a beaucoup à dire (ou à écrire, plutôt).

Sur le plan professionnel, j'ai d'abord fait du journalisme. Par la suite, j'ai quitté le métier pour le milieu plus large des communications. Pour finalement y revenir l'automne dernier.

Sur le plan personnel, un paquet de constats, beaucoup de questionnements, énormément d'apprentissages... Des doutes, des incertitudes, un être cher malade qui trépasse (j'y reviendrai)... mais aussi des joies, des succès, des naissances, du bonheur en masse et tout plein de moments mémorables, plus ou moins grands, avec des gens que j'aime.

Au fil des années, je me suis de plus en plus impliqué socialement (je reviendrai à ça aussi). Et je compte bien poursuivre dans cette voie...

Donc, OK, on part ça. Rapido, petit bilan des dernières années :

2010. Je termine mon bacc en communication, concentration journalisme. Collation des grades en juin 2010. Je suis de près le milieu des médias, qui m'intéresse beaucoup (ce qui n'a pas changé du tout).

L'été, je travaille comme technicien en échantillonnage, tri et pesée de matières résiduelles (ou quelque chose de même). Essentiellement, je trie des déchets pour caractériser leur contenu. Sale job, y a pas à dire. Mais ça me change les idées et me rapporte un certain salaire.

Je le savais pas mal, mais je réalise vraiment à quel point, au Québec en tout cas, on jette et on gaspille. De la bouffe, beaucoup trop. Des objets recyclables, d'autres encore utiles ou bonnes, mais aussi une énorme quantité de déchets. C'en est révoltant.

(Je reviendrai là-dessus, indirectement du moins, dans un autre billet plus tard sur 2020, que j'aimerais publier d'ici quelques jours.)

À l'automne, je réalise un stage pour un organisme en environnement à Québec, via le programme Écostage.

2011. Je suis engagé comme journaliste pour un hebdo en banlieue de Montréal. Je travaille là quelques semaines jusqu'à ce que j'arrive à la conclusion que c'est un milieu pas fait pour moi (ou plutôt l'inverse, en fait), car je n'ai pas confiance en moi. Bref, je décide de quitter mon emploi (et une très belle équipe, je dois le dire, une gang soudée et engagée).

Ma blonde de l'époque part en voyage au Bénin pour plusieurs semaines. De mon côté, je me cherche pendant des semaines. J'ai besoin de laisser décanter. Je lis mon Devoir numérique chaque matin, je prends quelques marches, mais pas grand chose m'allume.

2012. Rupture amoureuse, avec une femme rencontrée pendant mes années de travail dans les camps de vacances. Je décide de me choisir.

Je quitte notre appart dans Montcalm et je retourne chez mes parents temporairement, question de faire le point. Finalement, je décide de rester à Québec, d'abord chez ma cousine qui m'héberge gracieusement, le temps de me trouver une autre place où rester. Je me trouve une chambre dans une maison sur René-Lévesque. Rien de bien luxueux ou spacieux (je fais entreposer plusieurs de mes trucs), mais ça fait le travail. Je vis simplement et me contente de peu.

Toujours pas de travail. J'envoie quelques CV, sans trop de sérieux. Je ne m'en fous pas, mais pour le moment, ce n'est pas une priorité pour moi.

Je suis beaucoup l'actualité, surtout ce qui ce passe au Québec. Je mange des nouvelles et ce qui se trouve sur les médias sociaux, Facebook était mon média favori (je me dis que ce truc est promu à un bel avenir, en tout cas). J'écoute aussi beaucoup d'émissions sur mon ordi, car pas de télé. Je prends le temps de lire des vrais livres.

C'est le début du printemps étudiant. Le mouvement social prend de l'ampleur et m'interpelle. Ça éveille chez moi quelque chose.

Un jour de grande manif, je sors prendre la rue, avec une vieille casserole et une cuillère de bois, avec tous les autres qui portent leur carré rouge. On est des milliers.  Je savais que j'étais sensible aux affaires publiques, mais c'est un petit point tournant qui me démontre que l'engagement social a quelque chose de bien beau.

Politiquement, au Québec, ce mouvement fait notamment émerger le nouveau parti Option nationale, fondé entre autres par l'ancien député péquiste Jean-Martin Aussant, qui en est le chef. J'apprends à le connaître, je découvre son parcours, ses idées, ses convictions. Je décide d'embarquer dans le mouvement. Je participe à des rassemblements à Québec, même si peu de gens sont présents.

Je deviens membre de ON et j'en suis fier. Je rencontre des candidats aux élections de septembre 2012. Bref, de super rencontres pour de super idées!

À l'automne, ne sachant trop vers quoi je m'en vais, je décide de m'inscrire à la maîtrise en communication publique à l'Université Laval. J'habite près du campus, alors c'est pratique. Les cours sont stimulants. À l'université, je rencontre une fille super intéressante avec qui je serai en couple pendant près de six ans.

Je travaille aussi au Centre d'études sur les médias, où nous analysons le contenu médiatique de la dernière campagne électorale au Québec.

2013. On va aller un peu plus vite pour les prochaines années, si vous le voulez bien.

À l'université, le fait de devoir me trouver une question de recherche m'affecte. On dirait que ça m'intimide. Peu confiant, je ne sais pas trop vers quoi me diriger, car plusieurs trucs m'intéressent. Mais il faut bien que je fasse un choix. Entre-temps, ma copine m'oriente vers un beau poste en communication pour un organisme à but non-lucratif. Ça m'intéresse et ça me convient. Je suis engagé comme infomestre!

2014, 2015 et 2016. La vie suit son cours. Avec ma copine, nous faisons quelques voyages. Washington, mont Washginton (une superbe ascension, vraiment!), Chicago pour mes 30 ans (un super voyage, vraiment!).

Alors que j'approche les 30 ans, je fais une petite folie (avec l'appui et la complicité de mes parents). Je mise gros lors de la Grande guignolée des médias et je participe à un enregistrement de La soirée est (encore) jeune. On m'invite même au micro, aux côtés de la bande. Olivier Niquet demeure mon préféré.

Avec ma copine, nous déménageons, fin 2016, dans un condo du secteur Lebourgneuf à Québec. Je suis bien.

2017 et 2018. La vie suit son cours. Voyage en Gaspésie à l'été 2017. Je me fais beaucoup de sandwichs et, à l'initiative de Clément Laberge, je vais en manger plusieurs devant l'Assemblée nationale. On en parle dans Le Soleil.

Je décide de m'impliquer un peu avec Québec solidaire, le parti qui me rejoint le plus (justice sociale, écologie, indépendance). Je veux surtout voir de plus près les coulisses d'une campagne. J'apprécie l'expérience, mais elle ne durera pas.

Automne 2018, ma copine et moi reconnaissons que nos voies s'éloignent. D'un commun accord, on décide de se laisser. Ça me fait de la peine, bien sûr.

Et je sous-estime surtout le poids de la solitude. Dans les semaines qui suivent, les repas sont vraiment moins animés et agréables.

L'hiver s'en vient. Les périodes d'ensoleillement se font de plus en plus courtes. Cela affecte mon moral et mon humeur.

2019. Année de bouette (de cul, même) qui débute très mal. Atteint d'un cancer, mon père meurt, après plusieurs jours aux soins palliatifs. Il est parti en douceur, dans la dignité, entouré des siens. Quel homme bon au coeur tendre il a été!

C'est un choc. J'aurais tellement aimé passer encore du temps avec lui pour discuter de toutes sortes de choses, avec complicité et plaisir.

Le retour au travail ne se passe pas bien. J'ai de la difficulté à me lever de mon lit. Je n'ai pas d'énergie. Je prends donc un congé maladie de plusieurs semaines.

Je soupe avec un cousin que ça fait longtemps que j'ai pas vu et ça me fait du bien. On jase beaucoup, c'est agréable. Il m'encourage à plonger et à oser, ça me motive.

Cela dit, je n'arrive pas vraiment à remonter la côte. Les journées s'avèrent dans l'ensemble difficiles. Je suis peu motivé. Je poursuis mes rencontres en thérapie offertes par l'employeur. C'est OK, mais je ne peux dire que ça génère chez moi un rétablissement et un regain d'énergie probant.

J'effectue un retour au travail progressif. Mais ça continue de battre de l'aile.

Finalement, je décide de quitter mon emploi avant mes vacances. Je pars en solo vers Natashquan, sur la Côte-Nord. Ma mère lance l'excellente idée de proposer un voyage Amigo pour m'accompagner pendant la route. À Québec, le matin, je rencontre Ksenia Tsypina, d'origine russe, et son fils Pavel, que je conduirai jusqu'à Sept-Îles. C'est aussi avec elle que je ferai le chemin du retour, de Baie-Comeau à Québec.

La route paraît vraiment moins longue en bonne compagnie. On jase de plein de trucs, de séries télé, de politique, du conflit étudiant de 2012, de la vie en région...

Rendu à la dernière journée de mon voyage, je lui confie que j'ai quitté mon emploi et que je ressens un beau sentiment de liberté. Et que je veux travailler plus intensément sur un projet d'entreprise en économie sociale dans le domaine du recyclage. Elle m'encourage à me lancer.

Fort ressourçant et fort stimulant.

2020. Globalement et avec un certain recul, je suis quand même content des dix dernières années.

J'ai pu préciser des choses dans ma tête, dans ma vie. Identifier ce qui m'interpelle, ce que je veux et, surtout, ce qui me rend heureux.

9/09/2019

Le tournant

Salut! Oui, ça fait un méchant bail que j'ai rien mis ici. J'aimerais que ça change. Mais c'est comme ça depuis des années, à bien y penser...

Quoi de neuf? Merci de poser la question.

Allons-y sans détour : j'ai eu toute une année. Ces douze derniers mois ont en effet été assez turbulents. Ce n'était pas de tout repos, comme on dit.

Rupture amoureuse, mon papa qui nous annonce qu'il a un cancer, mon papa qui meurt dans la dignité (je pense à lui chaque jour), mon emploi qui ne convient plus (résultat : démission en juillet dernier).

Malgré tout ça, je ressens une légèreté depuis plusieurs jours.

Cet été, je suis allé sur la Côté-Nord.  Je n'avais jamais visité ce coin de notre beau Québec. 10 jours dans la région de Sept-Îles, Baie-Comeau, la Minganie. Je me suis rendu jusqu'à Natashquan. C'est beau.

Ce voyage m'a fait un bien immense. J'ai pu non seulement faire le vide, en apprendre sur moi-même, sur les mammifères marins, les îles Mingan (un endroit exceptionnel). J'ai aussi pu réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie, le chemin que je voulais emprunter.

Sur mon profil Facebook, je partage rarement des éléments personnels. C'est bien souvent des articles ou ces contenus médiatiques d'autres, que je commente à l'occasion.

Le 6 août, j'ai publié un statut plus personnel :
Ces centaines de kilomètres parcourus (principalement sur la 138), ces visites d'attraits québécois, ces croisières en bateau, ces coups de pagaie, ces baleines, ces oiseaux et ces rencontres m'ont permis de me ressourcer. J'ai pu réfléchir et me connaître encore un peu plus. 
Même si ce fut un court voyage de 9 jours, ce petit périple me donne le goût d'oser, de voguer, de voler vers de nouvelles expériences enrichissantes, stimulantes et épanouissantes. 
Que la suite soit douce et bonne!

Passer à l'acte

Il y a quelques jours, j'ai eu 33 ans. C'est encore jeune, bien sûr, mais l'idéaliste en moi a toujours le goût de changer les choses.

Avec des amis, nous planchons sur un projet d'entreprise en économie sociale. C'est encore au stade embryonnaire pour le moment. Mais je suis motivé à construire quelque chose qui me ressemble, qui rassemble, et qui contribue à améliorer le sort des plus démunis, entre autres choses.

J'essaierai de documenter un peu le développement de notre projet ici, au cours des prochaines semaines.

3/24/2018

Quitter Facebook?

Je n'ai bien sûr pas tout saisi du complexe scandale qui a éclaté il y a quelques jours au sujet des données de millions d'utilisateurs de Facebook détournées à des fins politiques . Mais j'en sais suffisamment pour trouver ça très inquiétant, voire révoltant.

Mais que faire? Fermer son compte? Il y a le hashtag #deleteFacebook qui est devenu viral... Je l'ai vu passer dans mon fil de nouvelles... une fois.

Ah, si c'était si facile! Quand j'y pense un peu, je me dis que depuis plus de 10 ans, c'est ce géant des réseaux sociaux qui, d'une façon ou d'une autre, détermine et gère :
  • comment je m'informe
  • ce que je lis et (un peu plus indirectement) ce que je partage
  • de quoi je parle avec mon entourage et avec mes collègues
  • les événements auxquels j'assiste
  • les films que je vois
  • les messages que j'envoie
  • les amitiés que je développe
  • les cadeaux que je donne
  • les connaissances que j'acquière
Etc, etc, etc...

De quoi inquiéter, voire faire peur.

Mais reste que l'idée de faire un beau gros doigt d'honneur à Mark et sa gang, qui semblent avoir fait preuve d'un grand manque d'éthique, est tentante. Le lien de confiance a été brisé, en ce qui me concerne.

Et maintenant, je lis (grâce à Facebook, quelle ironie quand même!) qu'il y a eu perquisition dans les bureaux de Cambridge Analytica... Je m'en réjouis.

Au moins, on commence à ouvrir les yeux quant au fait que le droit à la vie privée est bien peu respecté. C'est un peu gros, mais c'est un peu ça : les multinationales du monde numérique nous manipulent et s'enrichissent grâce à nous.

Les autorités (gouvernementales, judiciaires, policières) doivent s'en mêler et  faire payer les gens qui ont orchestré cette tentative d'influence de la démocratie. L'heure est grave.

Cela dit, ce scandale est vraiment la pointe de l'iceberg...

Alors je recommence à bloguer. Dans l'idée de peut-être me débrancher, bientôt, me débrancher de Facebook.  C'est peut-être ici, dorénavant, que je vais partager des points de vue, qu'ils soient plus ou moins substantiels, plus ou moins intelligents ou plus ou moins réfléchis. L'idée fait son chemin...

Ironiquement, cet espace numérique, ici, est propriété de Google... on s'en sort pas.

11/21/2017

L'éternel idéaliste

Je vous parlais il y a quelques jours de la série de sandwichs que je suis allé manger devant l'Assemblée nationale, chaque vendredi.

Lors de ces rencontres et discussions, plusieurs points ont été abordés. Dont les moyens de vaincre le cynisme. Un midi, ce cher Clément Laberge a suggéré que chaque personne du groupe rédige un texte sur le pourquoi de sa présence devant le parlement.

L'idée de rassembler ces témoignages dans un ouvrage a été évoquée, mais nous ne sommes pas allés plus loin.

Voici mon texte :

Pourquoi aller aux rendez-vous sandwich du vendredi midi, devant l’Assemblée nationale du Québec?

Lors des dernières élections générales au Québec, en 2014, sans doute inspiré par l’élan social du printemps de 2012, j’ai eu l’occasion de prendre part plus activement à la campagne. Idéaliste, je le faisais dans un parti souverainiste, par conviction, pour aider un ami candidat, mais je voulais aussi me rapprocher un peu plus de l’activité politique, plutôt que d’être simplement spectateur.

Depuis longtemps, je suis avec un certain intérêt les milieux politique et médiatique québécois. Que de stratégies à établir, que de décisions difficiles à prendre… jusqu’au moment le plus excitant : les élections.

On pourrait croire que c’est un simple jeu. Pourtant, dans les murs de ce bâtiment, au cœur de la capitale, devant la fontaine, près de ces statues, dont celle de René, d’importantes décisions se prennent. Et, il ne faut pas l’oublier, ces dernières ont des conséquences majeures sur nos vies.

Je vais aux rendez-vous des sandwichs pour plusieurs raisons.

Parce que juste de bouger et se rendre là-bas pour la cause, de discuter avec des gens qui croient en mieux, ça met un petit baume sur le climat politique actuel, qui ne s’améliore malheureusement pas beaucoup.

Parce que c’est un fichu de bon moyen de discuter de ce qui pourrait mieux fonctionner, de parler de solutions à ces problèmes, de partager nos observations, nos idées et opinions, sans jugement et sans insulte.

Mais aussi pour le symbole. Des citoyens, sans partisannerie, sont au poste, devant le parlement, maison des trois pouvoirs. Notre présence, à l’instar des médias, mais sans commune mesure, j’en conviens, je la vois un peu comme un mini chien de garde. Armés de nos tranches de pain et de notre protéine, qu’il s’agisse d’œufs, de jambon ou même d’un sandwich végé (ou même sa salade, on s’en fout au fond), nous disons non aux mensonges, non au populisme, non au cynisme, non à la désillusion… Et oui à la transparence, à la vérité et au progrès.

Oui, malgré tout, je suis encore idéaliste.

Tranquillement, ça avance. Je me pointe là (à chaque semaine, ou presque), pour démontrer que les citoyens surveillent et qu’ils veulent changer les choses. Qu’ils sont là.

Et qu’ils espèrent voir le politique au service du bien commun et de notre toujours fragile démocratie.

En terminant, avec la mise à jour économique du gouvernement (où il est question de baisses d'impôts), difficile de dire que nous ne venons pas d'entrer en campagne électorale non-officielle. À propos de la démocratie, voici un texte intéressant de Jean-Pierre Charbonneau, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien ministre de la Réforme des institutions démocratiques, sur la compétence civique, oxygène de la démocratie.

11/08/2017

Mes sandwichs du vendredi


Ce vendredi midi, ce sera la fin d'un petit rituel pour moi. C'est une petite habitude que j'ai prise depuis maintenant un an. L'an dernier, après avoir lu un billet de blogue de Clément Laberge, où il exprimait son ras-le-bol devant la situation politique, j'ai décidé de participé à son initiative. Et j'y ai pris goût.

Depuis un an, donc, un peu avant midi, chaque vendredi (ou presque; j'ai manqué quelques rendez-vous), je pars du bureau, je monte la côté, je salue René et je rejoins notre groupe devant l'Assemblée nationale du Québec. On jase actualité politique, de façon bien informelle, mais avec cette volonté ferme de combattre le cynisme. Le Soleil en a parlé samedi dernier. On a aussi publié notre texte de réflexion, qui se veut en quelque sorte l'aboutissement de notre démarche.

Ce vendredi, ce sera le dernier. On boucle la boucle. Tout le monde est invité à se joindre à nous, à midi, devant le parlement.

Peut-être que tout ça va prendre une autre forme, on ne sait pas encore. J'aimerais bien.

Je tenterai de faire un bref compte-rendu de cette rencontre la semaine prochaine.

11/18/2016

À propos du sociofinancement

Cette semaine, la chanteuse Annie Villeneuve a créé un petit émoi. Adepte du sociofinancement, j'ai suivi avec un certain intérêt cette affaire qui implique la chanteuse et La Ruche.

Rappelons le truc, brièvement. Annie Villeneuve, qu'on a pu connaître grâce à Star Académie entre autres, a annoncé cette semaine qu'elle lançait un projet de sociofinancement. "Son objectif : créer un dialogue avec ses fans afin d’amasser 60 000 $ qui serviront à financer son cinquième album", pouvait-on lire dans l'infolettre de La Ruche. L'artiste veut enregistrer son oeuvre à Nashville. Depuis cette annonce, son idée a fait l'objet de critiques et l'ancienne blonde de Guillaume Latendresse a dû se défendre.

Sentant probablement la pression monter, La Ruche publiait ce jeudi un communiqué pour remettre quelques pendules à l'heure et expliquer en quoi consiste le sociofinancement.

Annie Villeneuve est une auteure-compositrice-interprète de renom, il va sans dire. Même si elle est beaucoup plus connue que plein d'autres artistes, elle a bien le droit d'avoir recours au financement participatif. Dans sa description de projet, Annie Villeneuve dit proposer aux gens "une implication privilégiée dans le processus de création d'un album, en plus de sensibiliser les gens à la valeur de la musique". C'est tout à fait défendable. Et les récompenses qu'elle propose sont vraiment intéressantes (dont la superbe toile d'un artiste).

Sauf que ça n'a pas l'air de faire l'affaire de tous, si on se fie aux commentaires suscités par la campagne.

Et j'ai quand même un léger sourcillement en lisant ceci sur sa page de campagne :
Comment justifiez-vous le montant demandé ?
J'ai fait un budget.
Mais encore? Ça me semble bien mince comme explication. J'aurais été un peu plus explicite et j'aurais développé davantage sur cet aspect. Car c'est là l'élément le plus litigieux, à mon avis, d'autant plus qu'elle affirme vouloir sensibiliser les gens à la valeur de la musique. Peut-être aurait-il fallu élaborer sur ce point.

Personnellement, je conçois énormément le sociofinancement comme un moyen de financer le besoin d'une communauté ou une cause qui me tient à coeur. Comme dans cette campagne de la région de Québec. (En passant comme ça, en contribuant à cette campagne du Camp Stimuli, ce serait un excellent moyen de conserver ma fiche parfaite de contributeur : 13 en 13).

Mais c'est ma vision très personnelle de la chose. C'est pourquoi je ne donnerai pas à la campagne d'Annie Villeneuve. Si la musique d'Annie Villeneuve m'interpellait, peut-être que j'aurais donné. Mais c'est loin d'être le cas.

Cela dit, je me réjouis qu'on se soit pas mal intéressé au sociofinancement. Beaucoup de beaux projets méritent l'attention de la population, et le crowdfunding constitue un outil complémentaire aux prêts bancaires ou aux bourses et peut faire émerger de superbes initiatives et lancer des carrières ou des organismes.

Faites le tour du site de La Ruche (on peut explorer différentes régions). Et allez voir aussi sur Haricot.ca.

9/28/2016

Demain, j'y crois

Demain, un film de Cyril Dion et Mélanie Laurent.

Avis : oui, je recommence à bloguer. Pour combien de temps? Je ne saurais dire. Mais des fois, j'ai des choses à dire et j'aime ça qu'elles se trouvent ailleurs que sur Facebook, rapidement relayées à de l'histoire ancienne, tout en bas du fil de nouvelles.

J'ai célébré mes 30 ans plus tôt en septembre. Il y avait plusieurs invités, des gens que j'aime, et c'était bien agréable.

Qu'est-ce que ça change d'avoir 30 ans? Bof, rapidement comme ça, je ne sais pas trop. La vie continue, c'est pas mal ça. Je poursuis ma route, trop vite à mon goût, comme tout le monde, sur le chemin de la vie. Si ça se passe bien, je devrais être rendu environ au tiers de ce chemin.

Sauf que, après toutes ces années vécues, après les grands bouleversements qu'a connus la planète et devant les autres qui s'en viennent, je ne peux m'empêcher de faire un petit bilan de ce qui s'est passé depuis que je suis né. Et, surtout, de réfléchir à ce que j'aimerais voir arriver au cours des prochaines années, et même pendant les décennies qui vont suivre.


Le début

1986. J'ouvre les yeux et je vois le monde.

Je n'ai évidemment aucun souvenir de ma naissance. Ça va paraître comique, voire bizarre, mais je prends la peine d'affirmer ici, sans retenue et avec une grande conviction, qu'il s'agit d'un grand jour pour moi. Je voudrais d'ailleurs remercier mes parents, mes grands-parents, leurs parents et leurs ancêtres, car sans eux, je n'aurais pu sortir du ventre de ma mère.

Depuis ce temps, j'ai fait plusieurs trucs. J'ai appris à marcher, à manger comme du monde, à parler... Je suis allé à l'école pour apprendre un paquet de choses utiles à la vie, d'autres un peu moins. J'ai rencontré des personnes formidables. J'ai apprécié la compagnie de mon entourage.

J'ai aussi étudié pour enrichir mes connaissances et, au bout du compte, décrocher un diplôme. J'ai voyagé. J'ai changé (souvent) d'idée sur ce que je voulais faire dans la vie. J'ai travaillé au sein de différents milieux. J'ai pris une pause. J'ai réfléchi. J'ai gagné, j'ai perdu. J'ai vécu des réussites, des échecs...

Depuis 1986, il y a aussi eu :

  • un référendum sur la souveraineté du Québec (à mon avis volé)
  • le 11 septembre, qui a complètement changé le monde, considérant les ressources incroyables déployées pour combattre le terrorisme
  • beaucoup trop de suites au film Rapides et dangereux.


Demain, l'avenir

Avez-vous vu Demain, documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent? Il a longtemps été sur les écrans québécois. C'est vraiment inspirant, ce film. Je vous le recommande fortement.

Ça fait déjà un bout que je l'ai vu. Mais ça marque. On sort de la projection et on a juste le goût d'agir. Dans son plus récent édito du magazine L'Actualité, Carole Beaulieu en parle un peu : c'est un film qui "refuse le catastrophisme ambiant et table sur l’ingéniosité des humains pour trouver des solutions aux grands problèmes de l’heure". En substance, dans son texte, elle écrit que, même si on est porté à croire le contraire, d'un point de vue planétaire, nous vivons dans une meilleure époque qu'avant.

Voilà qui est rassurant. Mais il y a aura toujours de multiples problèmes (sociaux, environnementaux, économiques, etc.)

Quand ma mère a vu le film, elle m'a envoyé un courriel. "J'ai adoré et trouvé que ce film te ressemblait." J'ai pris la peine de répondre :

Salut maman, 
je considère cela comme un compliment.
Le film montre surtout qu'on peut changer des choses. Et qu'il le faut, mais ça, on le savait déjà pas mal. 
Il expose une panoplie de solutions aux grands et graves problèmes actuels. Je suis optimiste. Il y a une grande tendance, je pense, à vouloir renverser le cours des choses. 
Les changements doivent être plus qu'individuels. Ils doivent être présents aux niveaux municipal, provincial, national, voire mondial. 
Bonne semaine. Je t'aime xxx

Je crois en l'avenir. Malgré tout ce qui se passe, malgré les inepties qu'on entend parfois, malgré les âneries commises, je crois en un environnement plus sain, une économie plus durable, plus sociale, plus responsable; les solutions existent, des idées (certaines bonnes, d'autres sans doute moins) sont proposées, les projets pullulent.

Mais il faut s'y mettre. Et pourquoi pas maintenant plutôt que dans 20 ans ou même 30 ans, quand il sera peut-être trop tard?


De la volonté

Je tente de faire des efforts. Par exemple, cet été, à plusieurs reprises, j'ai enfourché mon vélo pour aller travailler. Je ne l'ai pas fait tous les jours, mais quand même. Je pense que j'avais déjà une excellente conscience environnementale et sociale, mais on dirait que depuis Demain, cette conscience a pris une forme encore plus forte et engagée.

(Parenthèse : au sujet des changements d'habitudes, je vous suggère cette chronique de Mikaël Bergeron du Voir.)

En fin de semaine, j'ai croisé un homme qui m'a demandé un peu d'argent. J'ai sorti un 2 $ et lui ai remis. Spontanément, j'ai ajouté "Pis toi, ça se passe bien aujourd'hui?". Il a répondu : "Oui, ça va bien." J'aurais pu juste lui remettre l'argent, mais je voulais en plus savoir si ça allait.

Tout ça pour dire que si on souhaite que les choses changent — et très sérieusement, c'est un de mes plus ardents désirs — il faut agir. Ça prend de la volonté, qu'elle soit individuelle, collective, politique.

On s'en reparle, peut-être.


4/10/2016

Généreux

Sans vouloir dorer mon image, je pense être quelqu'un de généreux. Ça vient de mes parents, je crois bien. Ils ont un grand coeur.

Vous avez peut-être entendu parler de mon don à la dernière Grande guignolée des médias, qui m'a mérité un passage à La soirée est (encore) jeune de ICI Radio-Canada. 2600 $, avec l'aide des parents il faut le dire, on peut tout de même objectivement qualifier cela de substantiel.

Mais les projets, causes ou organismes qui ont besoin d'un coup de pouce financier se comptent par milliers.

Le sociofinancement, ça me branche

Toujours est-il que depuis un certain temps, je donne à différents organismes, sans nécessairement recevoir de reçus d'impôt en retour. C'est un peu ma façon de redonner, bien qu'un jour j'aimerais que ce soit par du bénévolat, même si j'en fais déjà un peu de temps en temps.

Le sociofinancement est parfait pour moi.

Pour la grande région de Québec, il existe une plateforme de sociofinancement qui s'appelle La Ruche. Ça marche bien. Même si plusieurs projets échouent, plusieurs autres réussissent à atteindre leur objectif de financement. Que ce soit dans les domaines de l'environnement, du sport, de la culture, de l'entrepreneuriat, du tourisme, de l'événementiel, il y a plein d'idées, et certaines sont assez géniales (je pense entre autres à La Bécane à bouffe ou à Napoléon en apparte).

En passant, bonne nouvelle, La Ruche s'amène dans la région de Montréal! Il y avait déjà Haricot.ca pour l'ensemble du Québec, mais à mon avis, le site de La Ruche est mieux fait (salut iXmédia!) et les projets sont plus emballants.

Contributions importantes

Bon, ce n'est vraiment pas pour me vanter, mais jusqu'ici, tous les projets auxquels j'ai contribué sur La Ruche ont vu le jour. C'est un 7 en 7, un score parfait pour moi, en effet. J'ai sûrement un certain flair. Mais surtout, grâce à La Ruche et aux autres plateformes du genre, j'ai vraiment l'impression que mes contributions font une différence et permettent à des idées de croître, à des projets de voir le jour, à des rêves de se réaliser.

Avec l'infolettre de la plateforme, je me tiens au courant des projets qui émergent. Ces derniers jours, il y en a un en particulier que j'aimerais voir se réaliser. C'est un projet ambitieux, costaud, mais tellement utile et important, qui apporte du bien là où il faut qu'il y en ait. C'est le projet de sauvegarde de la clinique de SABSA, une clinique de proximité de soins infirmiers dans la quartier St-Roch, à Québec. C'est en fait le plus gros projet proposé à ce jour sur la plateforme de sociofinancement de La Ruche, qui existe depuis avril 2013.

Objectif : 250 000 $.

Résumons la situation. La clinique sans médecin SABSA a besoin d'argent pour poursuivre ses activités. La somme de 250 000 $ va permettra à la clinique d'opérer 6 mois de plus. L'endroit offre une plage horaire sans rendez-vous répartie du lundi au vendredi et dessert actuellement plus de 1 500 personnes. Plus d'infos dans cet article du Journal de Québec.

Il reste une cinquantaine de jours à la campagne. Je vais surveiller ce projet de près. Je souhaite ardemment que ce soit une réussite et, qu'éventuellement, le gouvernement ouvre les yeux et se rende à l'évidence que la clinique de SABSA ne cesse ses activités.

Ce petit message ici pour signaler que j'aimerais bien que ce projet de La Ruche atteigne son objectif. Contribuez-y! Pas besoin de venir de la région de Québec.

Soyez parmi les nombreuses autres personnes (plus de 200 au moment d'écrire ces lignes) à faire une différence pour un établissement qui a besoin de sous pour poursuivre sa belle mission.

Cet organisme fait des miracles avec, en fin de compte, assez peu de moyens.